Le cochon de Roland

Publié le par Régine Chareyre

C'est avec sa gentillesse habituelle que Roland, notre ami de Gluiras, accéda à ma demande ( moi,gluirassoune d'origine mais ayant toujours vécu à la ville ) d'assister à la tuade de son cochon.

 

Rendez-vous fut pris mardi après que le cochon soit saigné, à Magny. Le cochon bien installé, les artistes commencérent à jouer leurs partitions, pas besoin de chef d'orchestre, tous connaissaient leur role à merveille. Roland, que j'avais connu fourche en main, bien qu'il préférât me confessa-t-il un jour manier le"croissant", s'occupait des pattes, Joël de la tête, à chacun sa partie... L'eau brulante glissait sur le cochon et le couteau rasait en cadence. Jean-pierre fignola le travail et "bucla" le cochon au chalumeau. Puis chacun joua du couteau, sans hâte, mais avec précision, la bête fut dépecée. Là aussi, chacun son savoir-faire, répété maintes fois. Pas de dérapage, pas de mouvement théâtral, seuls des gestes sobres et surs.

 

Jean-pierre melait le geste à la parole, nous enseignant volontiers ce qu'il avait appris, lui enfant de la ZUP, au contact de ses amis paysans. L'anatomie du cochon n'a plus de secret pour lui, mais moi je devrai revoir ma leçon car j'en ai pris plein les yeux et peu en mémoire! Puis la patronne nous proposa un verre et repartit prestement à ses fourneaux chargée de la "lapinée "et du "pourché".

Nous nous souviendrons de ces quelques heures à Magny, où nous avons été accueillies avec simplicité mais chaleur.


Bon appétit Roland, et merci pour ce moment de partage.