Le Pouzin aux deux visages...

Publié le par Régine Chareyre

C'est trois voitures de randonneurs qui se rangèrent sagement sur le parking du Pouzin.

Le temps était splendide avec tout de même ce petit vent si attaché à la vallée du Rhône. Parcourant les ruelles du vieux Pouzin inconnue pour la plupart d'entre nous habitués à rouler sur la 86, nous attaquâmes d'un bon pas un raidillon parmi le calcaire très présent sur ce versant.

Selon ses centres d'intérêts, qui admirait les escaliers des échamps taillés dans la roche calcaire, qui s'extasiait sur les buis, qui sur les plantes d'orchidées déjà fort hautes et les fleurettes multicolores déjà épanouies après une période intense de gel

Au fur et à mesure de la montée sur le couvent des chèvres un panorama étonnant se dévoilait. Le Pouzin l'industrielle, avec ses éoliennes, sa voie fluviale, son ferroutage mais aussi avec sa "via rhôna" sa réserve naturelle en bordure de Drôme et son plateau de Rompon.

Là en cime, notre guide patrimoniale Simone (amie de Marcelle...) nous fit partager sa passion pour l'histoire et sa lutte de tous les jours pour la conservation des richesses bâtis sur ce petit coin d'Ardèche. Malgré ses alertes les bulldozers de Lafarge, ont créé une brèche dans le mur d'en ceinte de ce site Gallo-Romain, découvrant pièces anciennes et poteries et confirmant par là la présence de l'homme il y a 2000 ans. Pas de fouilles pour en savoir plus, seul un grillage ceins ce lieu chargé d'histoire. Au Moyen Age vers l'an 900, les riches Seigneurs du Pouzin firent don de leurs terres à condition que soit édifié en ce lieu un prieuré Clunisien ( peut être pour une place au paradis !?). Douze moines vécurent dans ce couvent St Pierre de Rompon (surnommé aujourd'hui couvent des chèvres sans doute en raison d'une ferme attenante...) jusqu'en 1628. Du prieuré seules quelques voûtes subsistes et sous la terre les ossements des moines...

 

Nous reprîmes ensuite notre chemin jusqu'au vieux hameau de Rompon hélas quasi désert parcourant la campagne fraîchement labourée. Toutefois l'église paroissiale revie lors des concerts organisés par Mme Bauvet.

Puis nous atteignons à notre grande surprise un site d'escalade magnifique niché dans les hautes falaises de calcaire, dominant la vallée de l'Ouvèze, s'ouvrant sur le plateau des Grads, l'Escrinet, le Serre de Gruas...

Une halte s'impose, et à l'ombre des chênes, avec à nos pieds un splendide fossile, nous apprécions les bonbons de Monique et les caramels de nos amis Belges Yves et Martine. Il fallait bien ça car le sentier de retour nous demanda prudence et concentration. 

Merci à Pompon et Simone de Rompon Nature pour nous avoir accompagnés lors de cette rando riche en paysages naturels et chargés d'histoire.