Légrémis en Dentelles....

Publié le par Caminares

Ce jour là, grâce à un Mistral capricieux, le soleil rayonnait sur le Mont Ventoux...

Le rendez-vous des Nordistes ardéchois et du Sudiste marseillais avait été donné sur le parking de la sortie 22 de l'autoroute du Soleil. A l'instant où je coupais le contact de mon véhicule, le carrosse immaculé de mon Lou Reïgis de compère franchissait la barrière levée... A quelques encablures,  la bientôt retraitée CPE du collège de Saint Sauveur de Montagut, se garait à nos côtés. Minutage parfait pour une randonnée où, pour une fois, le groupe des courageux Légrémis, allaient faire... dans la Dentelle...

Notre guide d'un jour, André dit le Déde ayant déclaré forfait pour cause de cartilage manquant sur rotule abimée, ce qui, vous en conviendrez, est rédhibitoire pour un randonneur de son accabit, Caminares s'y colla....

Et bien que la veille, je reçus d'André toutes les informations nécessaires et suffisantes, je décidais de modifier le parcours prévu.

C'est donc à proximité du Domaine de Cassan et non pas de Gigondas, que nous débutâmes notre randonnée. A cela une explication, je connaissais déjà les lieux....

Pour accéder à ce domaine viticole où les vignes donneront naissance à un excellent Baume de Venise, il faut emprunter la départementale au départ de la cité du même nom que le vin sus-nommé et se diriger vers la petite bourgade de Lafare. Là, une petite route balisée de jaune nous emmenera au pied de notre entreprise.

Nos véhicules garés dans un renfoncement d'un virage, à proximité de la chapelle St Christophe que nous visiterons à notre retour, nous voilà à pied d'oeuvre....

Une sente s'aventure en pente brusque vers un vallon que l'on devine en contrebas. Le sentier, tout de bleu marqué, après avoir longé un champ de vigne, s'engage résolument dans le ravin du Valat de l'Aiguille. Long cheminement agréable sous le couvert des chênes verts.  En contrebas, le ruisseau, en manque d'eau... Nous sommes sept pour cette randonnée de fin de saison. Les fidèles! Seule manque à l'appel notre vaillante Présidente, Marcelle qu'un rhume tenace garde au chaud quelque part dans le Vercors...

En tête, comme à son habitude, Elisabeth, réprimant son envie de passer devant le guide du jour, Caminares. Derrière, une petite nouvelle, Marianne, Hollandaise d'origine et ardéchoise d'adoption. Puis, viennent, pêle mêle, Myriam, son Lou Reïgis de mari, Régine, et notre belge préférée, Béatrice...

Rapidement, après un raidillon dans un pierrier, le Pas de la Chèvre fut atteint. Le panorama sur la plaine du Comtat, alors qu'au loin quelques fumées s'élevaient, fit l'admiration de nos randonneurs. Dans la lumière du matin, le Rhône déroulait son long ruban argenté...

Première pause.

Le grand Montmirail à notre gauche, les Dentelles Sarrazines à notre droite, le paysage de ce coin de Provence ravissaient les yeux de nos ardéchois. Pour ma troisième randonnée en ces lieux, j'éprouvais la même sensation de plénitude!

Puis, une longue traversée nous amena aux escaliers de bois débouchant au Col d'Aslau. Connaissant la difficulté suivante, j'organisai une pause photo, histoire de reposer deux minutes nos mollets vieillissants...!

Après le mur de pierre, le sentier, gaillardement, s'enfonce dans le sous bois en une pente montante de plus en plus raide. Et c'est en escalade, facile pour tous, sauf pour Myriam, que l'on atteignit la crête....

Autant l'avouer, j'avais raté le chemin balisé de bleu qui nous aurait éviter cette grimpette en nous permettant de toujours rester côté sud, c'est à dire à l'abri du Mistral...

Mais qu'importe! Sur ma carte, une possibilité nous permettait de quitter la face nord exposée au vent violent. Mais pour l'instant, le paysage sur la plaine dromoise faisaient le bonheur de mes amis randonneurs...

Tout en bas, le Col du Cayron. Nous aurions pu descendre vers celui-ci, mais la forme évidente de mes amis m'incita à partir reconnaître la montée vers la brèche qui nous permettrait de revenir plein sud et nous mettre ainsi à l'abri du froid Mistral. Nul problème dans ce cheminement où il faut toutefois s'aider de ses mains. Petite escalade à la portée de n'importe quel randonneur entrainé. Même Myriam, estampillée cabri sur ses terres ardéchoises, mais réfractaire à ce type d'exercice, emprunta, certe en ralant un peu, ce cheminement escaladant....

Arrivé à notre but, un petit amphithéatre naturel nous tendit les bras pour la pause casse croûte... Bien abrités du vent, le soleil nous réchauffa bien vite.

Jean Yves, après nous avoir avoir montré sa magnifique musculature (sic),  s'entraina au difficile exercice de la traduction franco-hollandaise de certains mots que la décence m'interdit de citer ici, à laquelle Marianne participa avec un enthousiasme communicatif...

Nos torpédos de la rando, avec un entrain non dissimulé, échangèrent quelques propos sur la beauté du paysage, Béatrice avala ses deux yaourts habituels et Elizabeth savoura cet instant de bonheur.... Votre serviteur profita de cette pause pour s'engager vers la voie menant à la chambre du Turc (*). Mais à ce stade, la prudence est de mise car la voie semble plus propice à la varappe qu'aux randonneurs même avertis. Et sans corde, pas question de s'engager à la légère!

Ici, le Mont Ventoux règne, en maître... Point focal du paysage, il écrase le panorama de sa masse surmontée de blanc....

 Notre repas terminé, nous nous engageâmes sur le sentier toujours balisé de bleu, sous les crêtes dites de la Pousterle.

L'érosion a sculté la montagne. Là, c'est une arche minérale offrant au vent du nord une caisse de résonnance somptueuse. Plus loin, ce sont des trous traversant le calcaire.

Les Dentelles de Montmirail portent vraiement bien leur nom!

Mais voilà, tout à une fin! Et il fallut bien redescendre vers le domaine de Cassan dont nous apercevions les bâtiments plus bas, au départ du vallon.

Et pour faire simple, nous emprutâmes une sente de chasseur, sans balisage aucun, mais où le fou rire fut de mise!

Enfin, après avoir retrouvé le cheminement original, le Domaine de Cassan s'offrit à nous.

Une dernière montée, puis nos véhicules furent rejoints. Là, nous allégeant de nos sacs à dos, nous sommes partis pour un léger décrassage vers la chapelle St Christophe.

Puis, afin de cloturer en beauté cette journée, j'emmenai mes randonneurs voir un petit bijou des dentelles : la cascade de Lafare...

Car si l'eau est rare en Provence, elle offre souvent de ravissante surprise...

Et l'on vit sur ce cheminement Myriam faire des exploits à la corde à noeuds....


En somme une dernière randonnée des Légrémis pour l'année 2010 qui restera gravée dans les mémoires!

  

(*) Au Moyen Age, les Sarrasins occupait la région. Ayant conclu des alliances avec les Provençaux, ils résistèrent longtemps aux Francs. Des fortifications ont été érigées un peu partout, dont cette "Chambre du Turc". Le sommet servait de poste d’observation et la chambre, d’abri pour le guetteur.